Petite anecdote!

Publié le par francis.mauro

En attendant des images de nos amis Hussards, voici une petite anecdote, pour patienter,  que je me permets de vous narrer.

Les faits se déroulent fin 1957 au poste de Sidi Djémil. Beaucoup d’anciens ont le souvenir de cet endroit isolé en plein djébel. Pour ceux qui ne l’ont pas connu en voici un petit descriptif :

Il s’agit en réalité des deux postes isolés, comme il y en avait partout en AFN entourés de murettes de pierres, le PA 1 et le PA 2, construits sur deux mamelons  voisins dominants les environs, reliés par une piste de terre parfois impraticable l’hiver.  Ces postes abritaient le 1er Escadron du 4e RH commandé à l’époque par le capitaine Maurice Godard. Ce jour là il n’y avait aucune perspective d’opération ou de mission en vue. La situation était donc « calme »

Le capitaine était parti au PC en Jeep avec une escorte de deux Hussards à bord. Le chauffeur Guy Denoyelle conduisait comme à son habitude la Jeep.

Pendant ce temps l’adjoint au commandement de l’escadron eu une idée « lumineuse » revue d’armes générale aux deux PA. Il est vrai qu’il ne fallait jamais laisser les hommes inactifs cela n’était pas recommandé.

Il était environs 10heures du matin et la revue d’armes battait son plein, toutes les armes démontées, les chargeurs vides, le tout exposé sur le lit de chacun. Les sous –officiers passaient la revue méticuleusement.

Vers 11 heures le capitaine revenait de son entrevue au PC.

À environ deux km de Sidi Djémil, il y avait un radier, puis aussitôt un petit raidillon d’une centaine de mètres, où il fallait mettre les gaz. En haute à droite de ce passage il y avait dominant cette piste un seul et unique arbre en boule d’environ 5 mètres de haute au feuillage danse.

Au moment où la Jeep commença à monter la piste, en ralentissant, des coups de feux retentirent, le parebrise vola en éclats tout le monde baissa la tête surprit par ce feu intense.

-Embuscade couchez ! vous hurla le capitaine. Les coups de feu venaient de l’arbre, et il fallait passer tout à côte de lui.

Guy Denoyelle qui connaissait parfaitement sa Jeep, accéléra et enclencha la seconde, la jeep bondit comme une bombe déstabilisant le tireur qui manqua sa cible, les deux Hussards de l’escorte tiraient sur l’arbre sans résultat.

Il ne fallait pas rester là. Le capitaine blessé par des éclats de verre, le visage en sang, ordonna  de regagner le poste au plus vite et d’organiser une poursuite immédiate pour « coincer » le tireur.  

Branle bas ce combat aux deux postes, vociférations du capitaine, grosse panique, vous imaginez la scène ?  

Dans le remontage précipité des armes, un homme se tira une balle dans la main. Et pendant ce temps notre fellagha avait tout son temps pour disparaitre.

Conclusion :une note de service vit le jour dans tous les escadrons où il était à présent interdit de faire une revue d’armes générale. Cela fut une leçon que chacun pouvait retenir.

En supposant qu’une bande de rebelles bien armée, ce qui était le cas dans cette région, aurait peu prendre les deux postes très facilement devant un escadron désarmé.

Et heureusement, d’après les dires du chauffeur, qu'il conduisait une Jeep US et non une VLR sans quoi la situation ne fut pas la même, la VLR étant beaucoup moins « nerveuse »

C’était ça aussi la vie des postes en Algérie.

Cette anecdote, je la devais bien à notre ami Guy Denoyelle adhérent « discret » de notre amicale depuis son début. Pourtant ce jour là il a sauvé sa vie et celle des ses trois passagers.

FM le jeudi 1er mars 2012

Publié dans les écrits

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