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Les filles à soldats.

Un sujet pas souvent abordé et pourtant il était le principal sujet des discutions entre bidasses. À vingt ans quoi de plus normal. Cela commençait au moment du départ à Marseille rue Thubaneau « la rue des amours » comme se plaisaient à dire les gens de Marseille. Quel militaire ne désirait-il pas faire une petite visite en ville avant son départ pour l’Afrique ?  Il s’agissait d’un commerce florissant avec le nombre de nos soldats de passage. Qui était ces filles ? Il y avait de tout, des plus jeunes aux plus âgées, des plus belles aux plus laides, toutes ethnies confondues et régions du monde. Mais chacune arrivait à faire marcher son petit commerce.

Le sida n’existait pas encore et personne ne parlait de maladies, sinon que de blennorragies ou syphilis dont des films étaient diffusés dans les casernes au moment de l’instruction des soldats. Pas un seul militaire ne prenait cela au sérieux et l’usage des préservatifs n’était pas systématiquement utilisé. Bref la liberté sexuelle existait belle et bien. Les chansons paillardes aidantes, nos soldats ne se privaient pas de « galipettes » quand ils en avaient l’occasion et les moyens financiers, cela faisait partie du moral des troupes. Une fois en poste en Algérie la situation venait à être parfois bien difficile de pouvoir rencontrer les filles. Pour ce qui était des troupes coloniales et légion étrangère, il existait des « BMC » Bordel militaire de campagne, ou bordel militaire contrôlé. Les filles étaient examinées périodiquement par le service sanitaire et de rares problèmes n’avaient lieu. Pour les filles qui « travaillaient » en amateurs dans les petites garnisons ou villages, parfois il y avait de véritable épidémies de « chaudes lances » (blennorragies) alors, les médecins militaires avaient du fil à retorde, pour faire soigner les militaires et filles malades.

Tout ceci dit ; il faut parler de ces filles qui en général étaient des filles de courage exemplaire, de gentillesse et de compréhension. Elles jouèrent un rôle important auprès des troupes étant souvent la confidente du pauvre soldat triste et désemparé esseulé loin de tous repaires dans ce monde en guerre. Combien de fois avons-nous eu des conversations amicales et rassurantes avec elles qui parfois avaient un frère ou un membre de sa famille catapulté lui aussi dans cette guerre. Une certaine complicité nous unissait avec la sensation d’être dans un même combat.

Nous aimerions par ces quelques lignes rendent hommage à toutes ces « filles à soldats » qui nous ont apporté un peu d’humanité pendant cette guerre.

Elles étaient nos sœurs, nos mères, nos fiancées, nos femmes, nos amours, nos rêves !

Merci Mesdemoiselles de nous avoir donné un peu de joie dans nos moments de guerre et de solitude.

Francis M. le lundi 7 novembre 2011.

Published by francis.mauro - les écrits

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"Blog d'un ancien sous officier d'active du 4e RH de 1956 à fin 1959. ce blog est un blog qui cherche à regrouper les anciens de ce régiment de la guerre d'Algérie à ceux à nos jours jusqu'en 2011. bienvenue à tous!"

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