Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le blog du 4e régiment de hussards.1779/2011.

Le blog du 4e régiment de hussards.1779/2011.

Blog d'un ancien sous-officier,d'active ayant séjourné 39 mois au 4e RH de 1956 à 1960, deux citations, médaille militaire, croix des engagés volontaire, ce blog a pour but de raconter et mettre en ligne tout ce qui touche à ce beau régiment de Hussards depuis sa création à nos jours. pour nous contacter une seule adresse : francismauro@live.fr.

Publié le par francis.mauro
Bonnes fêtes de fin d'année !

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro
Publié dans : #photos
Mon bel half-track (René Jacquand) pilote ECS. Gambetta 4e RH.

Mon bel half-track (René Jacquand) pilote ECS. Gambetta 4e RH.

la mauvaise mine.

la mauvaise mine.

le beau trou (lala itout)

le beau trou (lala itout)

Quel dégat et pas de blessé quelle chance pour René qui ne serait plus là aujourd'hui. pour vous saluer, bien amicalement, merci René et longue vie à toi cher camarade.

Quel dégat et pas de blessé quelle chance pour René qui ne serait plus là aujourd'hui. pour vous saluer, bien amicalement, merci René et longue vie à toi cher camarade.

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro

~~Le gendarme Gilbert Godefroid. (le 28 au 29 mars 1958) Sur le réseau électrifier ligne Morice Est constantinois 28 mars 1958 Poste électrique de Mondovi Ce jour là nous dormions, comme à l’habitude, en tenue de combat, équipements, et armes, chaussures aux pieds. Les moteurs tournent. Nous sommes prêts à aller sur « la coupure » A zéro heure, environ des rafales d’armes lourdes, des 12,7 et mortiers, nous réveillent, elles viennent de Barral. -Une coupure a eut lieu ! Nous crie un électromécanicien, qui vient de surgire dans la tente de garde. Nous sautons du lit, réveillé d’un seul coup, quelques secondes après Nous roulons dans le GMC blindé, et le 4x4 blindés également. Nous armons nos mitrailleuses, déjà nous sommes prêts. Le froid de la nuit ne tarde pas à nous faire grelotter. Personne ne parle. Nous arrivons sur la coupure. Un half-track est au milieu de la route et tire tant qu’il peut sur le djebel du côté de l’Algérie. Nous l’imitons. Quelques courtes rafales et coups isolés nous répondent. Et le feu s’arrête, faute de répondants le passage a réussi. Un lieutenant a été blessé, alors qu’il arrivait avant nous sur la coupure dans son half-track. Il s’agissait d’une forte bande de Moudjahidines en tenues et en armes, bien équipées, même très bien, nous le sûmes par la suite. Certains avaient deux armes, et tous portaient des sacs de munitions pour ravitailler les Moudjahidines de l’intérieur. Concertation des officiers mise en place d’un dispositif de protection d’un côté et de l’autre de la route. Personne sur les traces, les chiens n’arriveront qu’au petit jour. Nous somnolons jusqu’à, qu’une Jeep paraît avec un gendarme et son chien. La piste est facile, car les Moudjahidines nombreux a suivi en colonne par un le même itinéraire. D’habitude, ils se dispersent, mais là c’est un gros passage, et très sûrement ils ne connaissent pas la région. Nous sommes désignées. Le peloton Le Palmec, qui comprend. Un groupe de combat, renforcé, plus un détachement de Harkis. Cette Harka, comprend une dizaine d’hommes, plus le chef un Européen. Ils ont deux à, trois PM 11,43 et des fusils US 17 et Lebel. Nous, nous sommes que, le sous-lieutenant un sous-officier adjoint, et un chef de groupe, avec neuf hommes armés de PM et d’une pièce FM. Bien mince commando pour pister des centaines de Moudjahidines. Mais le 1ier REP, est en attente, prêt à embarquer à un tel km. Devant la direction supposée des Moudjahidines, c’est nous avec le chien qui devra les premiers les accrocher, et donner des renseignements précis pour le largage des paras en attente. Mission vraiment périlleuse s’il en est ! Je parle avec le gendarme, il se présente : -Gendarme Godefroid ! Je me présent également. Nous échangions quelques cigarettes avant l’ordre du départ. Il me présent son chien Gamin : -Ne le touchez pas, il ne connaît que son maître, il est très méchant. Mais c’est une bonne bête ! Dit-il, la larme à l’œil. -Nous sommes de véritables copains, ajout-il. Ce gendarme en tenue de campagne à un seul PA comme arme de défense Nous partons, je fais suivre mes voltigeurs en PM de chaques côté du gendarme ; La pièce FM en colonne derrière à distance. La Harka derrière en protection arrière. Je suis à quelques mètres le gendarme. Le chien tire ferme sur la laisse, la piste est impressionnante de clarté. De temps à autre nous arrêtons pour permettre à la colonne de derrière, de suivre. Nous profitons pour échanger avec le gendarme nos impressions : -Ils sont au moins 200 ! Me dit-il. -Peut-être plus ! Lui dis-je. Nous sommes d’accord, c’est un gros morceau. Nous reprenons notre route suant et soufflant. Arrivée sur un plateau après 5 à 6 heures de marches. Le soleil est déjà haut, la chaleur torride Le gendarme donne à boire au Gamin, lui flatte le dos, en le caressant. Il met sa tête contre la sienne, et lui cause : -Nous allons les avoir hein ! Mon vieux, nous allons les avoir Gamin ! Ce gendarme, je l’observe, et lui fait remarquer qu’il va un peu vite, et qu’il défit toute prudence. Il hausse les épaules, il en vit d’autres. Je redouble de vigilance pour lui, le doigt sur la détente de mon PM. Mes hommes sur les côtés font de même. Nous sentons que la rencontre va avoir lieu, car avec les avions et les Elicos qui ne cessent de tourner. Les Moudjahidines ont dû s’embarquer dans les hautes végétations très denses. Nous arrêtons, et repartons toujours. Quelquefois il y a une tentative de brouillage de piste par les fels, qui sont repartis en retournant sur leurs pas. Mais finalement Gamin retrouve toujours le gros paquet des traces. Vers 11 heures, soudain le gendarme s’arrête, sur un petit plateau, le chien hérisse son poile, tout le monde stop, rien ne se passe. J’interpelle le gendarme lui demande ce qu’il y a : -Plus de traces ! Dit-il -Ils se sont comme envolés ! De chaque côté du petit plateau, des surplombs à une centaine de mètres nous dominent. Nous sommes comme sur un billard. Ils sont arrêtés pour faire une embuscade, et se sont dispersés de chaques côtés que je le signale au gendarme. -Je ne sais pas, ils devraient tirer ! Me dit-il -Bien oui ! Que je réponds bêtement ! Tous mes hommes s’accroupissent en défense, la moitié d’un côté et l’autre moitié de l’autre. La sueur coule sur le visage du gendarme, le chien est trempé de sueur également, sa langue pend, il semble renoncer, et d’attendre lui aussi. -Votre PA Monsieur le gendarme ! Car il ne l’a pas encore sorti de son étui, trop occuper à retentir son chien. Il dégaine et arme son PA. La Harka vient nous relever pour la protection du gendarme. Je proteste, et veux ainsi que mes hommes continuer à assurer la protection du maître-chien. Mais les ordres sont les ordres. Et après tout nous sommes crevés à marcher en dehors de la piste des Moudjahidines. Le maître-chien repart. Je lui dis : -Soyez prudent aller doucement ! Il me répond d’un air un peu « médusé». -Au moins s’ils me tuent on saura où ils sont ! Ce furent ses derniers mots. Il n’avait pas fait vingt mètres qu’un moudjahid lui tire le chargeur de son PM dans le dos à bout partant. Il était précisément douze heures trente. (Il a fallu 44 ans pour que j’apprenne par une coupure de presse, que le Harki me remplaçant fut tué en même temps que le gendarme. (Source le Parisien libéré du 30/12/1958/) À cette époque les nouvelles n’étaient pas diffusées comme de nos jours. Chacun ayant à gérer ses problèmes dans leurs unités respectives) Ce fut le déclenchement d’un combat comme jamais nous avions subi. Que nous nous sentions petits, dans cet enfer de feu ! 9 MG 42 90 PM et une centaine de fusils ; tirent en même temps en notre direction. Nous, nous aplatissons au sol derrière les moindres rochers, en ripostant dans le vide, des deux côtés sur les crêtes nous surplombants, car nous ne voyons rien. Sinon que le coup des armes se rapproche de plus en plus. Je retiens mon tireur FM à terre. Je ne sais comment, l’obligeant de force en le frappant sur son casque pour qu’il ne reste debout. Il aurait très certainement été tué. J’appelle un à un par leur prénom tous mes hommes, je ne sais par quel réflexe, je sais tout leur prénom d’un seul coup. En temps normal il m’aurait été bien difficile de m’en rappeler que quelques-uns ! Nous formons un carré entre quatre gros rochers que j’avais remarqué quelque 50 mètres derrière nous. Sur ce point, entassés avec les Harkis nous étions résolus à vendre chèrement notre peau. On ne se faisait pas d’illusions. Je rampais près du lieutenant, et lui tient la carte pour qu’il donne les coordonnés pour le largage des paras du…1ier REP du Colonel Jeanpierre. Une longue rafale de MG 42 nous aveugla soudain de débris de pierres et de branches. Les impactes étaient à 10 cm le long de notre corps. Je le fis remarquer au lieutenant Le Palmec, qui dévissait l’antenne du poste de radio, et nous giclons dans notre réduit improvisé. (Les Moudjahidines avaient vu l’antenne bien droite dépassée des lentisques) De là nous soufflons un peu, mais les coups se rapprochent de plus en plus, ils étaient à 15 mètres dans les broussailles, bientôt cela allait « chauffer », dans un corps-à-corps ! Aplatis derrière nos armes, nous attendions, sans un mot, car pour se parler, il fallait, hurler à l’oreille de son voisin. Tant le roulement des armes à feu était proche de nous. Soudain les B 26 Piquent, chacun croit que c’était sur nous, les traceuses venaient droit sur nous, en éclatant sur les rocailles à 25 mètres de nous. Ils voyaient le mouvement d’approche des Moudjahidines. Grâce à ces avions et le 1ier R E P nous allons en sortir vivants. Le chef de la Harka me demandait une cigarette après l’autre, tant et si bien que je lui abandonnais le paquet. Jamais je n’avais vu un homme fumer aussi vite, très surpris, je lui demandais ce qu’il avait : -J’ai trois mômes ! Dit-il pour toutes réponses. Nous restons quelques minutes dans cette position, sans bouger. Cela nous semblait interminable. -Mais que fout la légion ! On va se faire couper les C…s ! Enfin, les paras de la légion arrivèrent par vagues, sections après sections. Nous leur fîmes une véritable ovation. Ils ressemblaient à des « êtres irréels » en tenue de combat propre le visage frais rasé, des équipements comme à la parade. Les voilà ces hommes du colonel Jeanpierre du 1e R E P ils étaient nos sauveurs bienvenus. Nous, à côté, étions minables, débraillés, sales hirsutes, épuisés. Eux, il y avait quelques minutes, ils étaient encore bien à l’ombre sous abris des arbres à 20 ou 30 Km de là. Il fallait que ce soit comme cela ! La machine de combat de la légion se mit en route méthodiquement, et remarquable d’efficacité. Au coude à coude ils avançaient tuants tous les Moudjahidines qu’ils trouvaient. Désemparés, certaines jeunes recrues Moudjahidines n’arrivaient même pas à remplacer les chargeurs vides de leurs armes. -Complètement paniqué ! Déclare un vieux légionnaire. -Des gosses ! Ajouta-t-il les larmes aux yeux. En deux heures de combat la légion tua 150 fellaghas. Fit 20 prisonniers. Et récupérèrent autant d’armes y comprises 9 Mitrailleuses MG 42 les Moudjahidines étaient au total 225. (Seulement deux légionnaires furent blessés) (Par la suite j’appris que 13 légionnaires avaient perdus la vie et trente quarte blessés ce jour là ; mais ceci nous avait été caché par la grande muette) Quand je pense que nous étions à peine plus d’une vingtaine d’hommes et un chien. Notre retour se fit dans les bananes de la légion. Cela nous enchanta de voyager dans les engins de ces illustres soldats. (Au PC nous étions déjà portés disparus) *** J’avais à l’époque, consigné sur des feuilles de papier ce texte intégral que j’ai repris sans presque y toucher. Cela fait aujourd’hui exactement 46 ans Le 29 mars 2004 que j’avais noté cela, en manuscrit. Jamais le souvenir du gendarme Gilbert Godefroid ne s’estompa dans ma mémoire. Cet homme m’avait donné une leçon de patriotisme, comme jamais personne ne me le fit ; il est parti avec la ferme conviction d’une victoire proche. Il était ici pour défendre les institutions républicaines en danger. Il avait eu le temps de me dire qu’il était marié et avait une fille, et qu’il les adorait plus que tout. Je garde en moi son regard qu’il me fit en repartant derrière son chien Gamin, suivit d’un Harki, qui avait pris la relève de la protection que je lui avais prodiguée durant toute la matinée. Ce regard amical que nous avions entre sous officier. Un regard de confiance dans nos actes. Il tourna un gros buisson, sur sa gauche disparaissant de ma vue. Puis ce fut le déluge de feu qui le fit entrer pour toujours dans l’histoire de la gendarmerie nationale, et de la république Française. J'ajouterais que je fus désigné en délégation pour représenter le 4e RH avec une garde d'honneur pour la levée du corps du gendarme Gilbert Godefroid en l'église de Mondovi, quelle tristesse de voir sa veuve et sa fille dans le désespoir. Je n'ai pas osé leur dire comment il était mort si bravement, j'étais trop jeune à l'époque et je gardais en moi toute mon amertume de voir un ami que je connaissais à peine et déjà il disparaissait. Signé : Francis Mauro sous officier au 4 ieme Hussards en protection ce jour, sous les ordres du sous-lieutenant Le Palmec Claude. J’ai voulu par ces quelques lignes retracer la vérité d’un fait d’armes, que certain n’étant pas directement sur place ont voulu plus ou moins s’approprier. Il fallait que j’écrive tout ceci avant de disparaître dans l’oubli de la vie qui passe.

votre webmaster FM

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro

~~Noël en Algérie 1956.

(Comme le dit si bien notre ami Victor S. le but de ce blog est avant tout de réunir des souvenirs et des amitiés de nos 20 ans de là bas).

Ce fut un Noël que je n'oublierais jamais de ma vie, il allait simplement la conditionner pour le reste de celle-ci. Il y avait jour pour jour exactement trois mois que nous étions arrivé en Algérie. Après deux mois passés au Bordj Merzouga, nous voici à Sidi Gouléa sur un piton isolé et venté à souhait en pleins solitude des djebels à 15 km à l'EST de Penthièvre relié par une piste de montagne...

Le décor et bien triste avec de rares touffes de lentisques et de bruyères sauvages au loin de petites mechtas isolées avec de maigres pâturages. .

Nos logements étaient des plus précaires dans des casemates creusées dans le sol recouvert de tôles.

Bref, éclairage à la bougie et lampe à pétrole, l'humidité ambiante et la puanteur n'incitaient pas à la sérénité. Je partageais cette chambrée avec deux camardes de mon département, l'un radio et l'autre cuistot. Eux plus âgés que moi, qui venais tout juste d'avoir mes 19 ans et mes galons de brigadier-chef.

Les jeunes de cette époque n'étaient pas" émancipés" comme ceux d'aujourd'hui, et moi en particulier. De ma vie je n'avais encore jamais connu l'ivresse de l'alcool.

Mes amis (si on peut dire ce jour là) avaient décidé de me foutre une cuite, pour fêter Noël et mes galons tout neufs de bricard-chef .

Ce qui fut dit fut fait, je me retrouvais bien vite dans un état lamentable qui fut la risée des 80 hommes du poste de ce piton isolé.

Alors là ce fut pour moi la première cuite et la dernière, car la honte de mon état devant les hommes que je devais commander me" vaccina" pour le reste de mon séjour et de ma vie en générale, quel exemple je donnais ?

J'ai eu depuis ce jour les yeux grands ouvert sur l'humiliation de figurer en état d'ivresse devant les autres.

Et ceux qui me connaissent bien peuvent en témoigner que jamais ils ne m'ont vu ivre depuis ce Noël 1956.

Comme quoi ce fut un petit miracle de Noël personnel qui me fit avancer bien droit dans ma vie jusqu'a ce jour. (Qu'est ce qu'on peut être con et dangereux quand on a trop bu) Alors bonne fête de Noël mais buvez avec modération. Votre Webmaster bien dévoué et bien lucide.

Saxe Conflans, bannière au vent ! Joyeux Noël !

Saxe Conflans, bannière au vent ! Joyeux Noël !

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro

~~La nuit où les chacals se sont tus C'était une de ces nuits noires, qui aurait fait le bonheur des astronomes : une nuit aveugle,sans lune,pas la moindre lumière parasite à la ronde;et un ciel étoilé magnifique, une immensité et une profondeur infinie. Un univers d’éternité. Mon Dieu, que j'étais minuscule, à cinq mètres de hauteur, dans mon mirador où je montais la garde, au poste numéro 7 de la base aérienne 140 de Blida,au cœur de la Mitidja en Algérie. C'était en 1960 et c'était ma première garde,après trois mois sous les drapeaux en Algérie. Et je n'ai pas honte de le dire : la peur me tenait aux tripes.Le cœur qui tape aux tempes. Deux heures interminables à passer, 120 minutes,7200 secondes,seul, dans le noir absolu et dans un silence assourdissant! Oui,le silence faisait mal aux oreilles ! Un silence parfois interrompu par les jappements lugubres, les cris plaintifs des...chacals. De temps en temps, au moindre bruit suspect, je balayais l’espace avec le faisceau du projecteur mobile à 360° fixé sur le toit du mirador,comme un phare et alors des points lumineux s'allumaient, plus ou moins loin, toujours par paires:les yeux incandescents des chacals. Et c'est à nouveau le noir.J'avais froid ! C'est fou tout ce qui peut traverser votre tête ! On gamberge. Qu'est-ce que je fais ici ? Pourquoi dois-je pointer mon arme sur des gens qui ne m'ont rien fait ! Je ne connais pas d'ennemi ! Alors on compte:1,2,3...58 59 60 : encore une minute de passée. Alors on prie ! Reste avec nous, Seigneur. Des visages apparaissent en filigrane : les visages des membres de sa famille, le visage de ma bien-aimée que j'ai serrée dans mes bras une dernière fois sur le quai de la gare de Strasbourg et que je ne reverrai plus,le visage de mon ami de l'UCJG de Salm, Marc Zimmermann...mort pour la France, à la frontière Tunisienne,quelques mois plus tôt ! Pourquoi lui ? Là-haut au firmament,des millions d'étoiles : la grande et la petite Ourse, la voie lactée,Sirius, Bételgeuse, Castor et Pollux, la constellation d'Orion et au bout du timon du chariot, l'étoile polaire,celle qui montre le Nord : oui, dans cette direction, à des centaines de kilomètres au Nord : la Méditerranée, la France, l'Alsace, Strasbourg, notre rue, notre maison. Et là, une lumière:des bougies d'un sapin de Noël et celles de la couronne de l'Avent sur la table autour de laquelle sont assis mon père, ma mère, mes sœurs, ma famille, chantant douce nuit, sainte nuit..... Et une chaise vide....! Oui, j'avais oublié de vous dire : on était au soir du 24 décembre 1960 : Noël. Ma première garde. C'était moi le veilleur responsable, pour cette nuit, de la sécurité de mes camarades endormis. Alors j'ai posé mon pistolet-mitrailleur et j'ai sorti de la poche de mon treillis mon petit harmonica;qui ne me quittait jamais,j'ai accompagné leur chant...Dan cet espèce de cylindre en acier, qui constituait le mirador, mon petit harmonica résonnait comme le grand orgue de la cathédrale de Strasbourg. Et quand je me suis arrêté de jouer... ce ce silence inquiétant cette, << Stille Nacht!>> Et c'est seulement au bout de quelques minutes que je l'ai remarqué : les chacals... les chacals s'étaient tus ! Étaient-ils partis, effrayés par la musique de mon harmonica ? J'ai allumé le projecteur : non, ils étaient bien là : là-bas, à une centaine de mètre, toute la meute, immobile, comme figée, silencieuse, apaisée, qui me regardait ! Les chacals sont restés muets et je me suis plu à penser qu'ils s'étaient tus pour ne pas réveiller l'enfant Jésus dans sa crèche ! Et de là-haut,par delà les hauteurs de Chréa et des montagnes de l'Atlas toutes proches,ce négro-spiritual qui parvient à mes oreilles : Go, tell it on the mountains, Over the hills and everywhere Go tell it on the mountains, That Jesus Christ is born Et soudain la peur, ce frisson qui remonte du dos jusqu'au cuir chevelu sous le lourd, le palpitant qui bat la chamade, l'adrénaline qui déborde: des bruits de pas qui se rapprochent ! Le clac métallique du chargeur du P.M. Que je rabats nerveusement, déchire la nuit. J'allume le projecteur :  Halte là ! Qui va là ?  Sergent Moreau ! J'amène la relève de la garde !  Avance à dix pas !..Halte !.. le mot de passe !  << Bethlehem>> !  Affirmatif ! C'est bon ! Avance ! Bethlehem, oui, c'était le mot de passe que le commandement de la base avait choisi pour cette nuit de Noël ! BETHLEHEM ! Je suis descendu de mon mirador presque à regret : le temps avait passé plus vite que je ne le craignais. Ce moment ineffable, ce face à face intime avec moi-même et avec mon Seigneur ! Le sergent m'a raccompagné au poste de garde : pendant quatre heures je pourrai dormir, tout habillé, sur un lit de camp inconfortable, le pistolet-mitrailleur sous le polochon. Et puis le sergent me réveillera sans ménagement : -Soldat Egles ! Prenez votre arme ! C'est l' heure de votre deuxième tour de garde ! Vous vous souvenez du mot de passe ?  Bethlehem !...Et les chacals, sergent  Comment ça, les chacals ? Il n'a jamais compris ce que je voulais lui dire et sans doute ne m'aurait-il pas cru. Voilà : c'était mon histoire de Noël, la nuit où les chacals se sont tus. C'était en 1960 , pendant la guerre d'Algérie. J'y resterai 24 mois et j'en reviendrai, Dieu soit loué, sain et sauf. J'avais 21 ans ! Il y a de cela exactement cinquante deux ans. Beaucoup de souvenirs ont disparu de ma mémoire; ces quelques vers me sont restés : Quand les cigognes voleront noires Et que les corbeaux voleront blancs, Alors s'effaceront de ma mémoire, Les souvenirs du régiment ! Mais rien n'effacera jamais de ma mémoire le mot de passe : BETHLEHEM !

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro
Publié dans : #photos
Le raccourci du lever de l'aurore que les bônnois utiliser pour aller de la ville à la mer. je ne me souvenais pas de ce raccourci. un peu  osé pendant les années de guerre. image de notre ami Gégé, R.

Le raccourci du lever de l'aurore que les bônnois utiliser pour aller de la ville à la mer. je ne me souvenais pas de ce raccourci. un peu osé pendant les années de guerre. image de notre ami Gégé, R.

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro
Publié dans : #photos
Toutes les images qui suivent sont de notre ami Alsacien RS,elles sont du 07 12 2014.Merci cher ami

Toutes les images qui suivent sont de notre ami Alsacien RS,elles sont du 07 12 2014.Merci cher ami

Le grand sapin super beau pourla joie des petis et grands

Le grand sapin super beau pourla joie des petis et grands

Déjà une foule nombreuse.

Déjà une foule nombreuse.

Quel coup d'oeil !

Quel coup d'oeil !

Non ce n'est pas Venise .

Non ce n'est pas Venise .

sans commentaire.

sans commentaire.

Majestueuse demeure typique d'Alsace.

Majestueuse demeure typique d'Alsace.

Voir les commentaires

Publié le par francis.mauro
Notre ami Michel Leblond, ancien de l'ECS du PC du 4e RH au Bordj Bournazel, et venue me rendre visite avec ses deux gaillards de fils, des rencontres comme ca il en faut plus souvant à nous les vieux hussards. merci à Michel et à ses deux beaux (gamins)

Notre ami Michel Leblond, ancien de l'ECS du PC du 4e RH au Bordj Bournazel, et venue me rendre visite avec ses deux gaillards de fils, des rencontres comme ca il en faut plus souvant à nous les vieux hussards. merci à Michel et à ses deux beaux (gamins)

Voir les commentaires

1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>

Catégories

Articles récents

Hébergé par Overblog