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Blog des amis du 4RH

Blog des amis du 4RH

Blog d'un ancien sous officier d'active du 4e RH de 1956 à fin 1959. ce blog est un blog qui cherche à regrouper les anciens de ce régiment de la guerre d'Algérie à ceux à nos jours jusqu'en 2011. bienvenue à tous!

   

 

 Fait d’arme. Du 4ième Régiment de Hussards.

Le 5 février 1958 mechta Daria Douar Talha, Oued Slougui.

4ième Régiment de Hussards 1ier Escadron, 1ier et 2ième peloton...

Ce jour allait être le dernier pour 8 hommes.

La nuit était douce pour un début de février, pas de vent, un beau ciel étoilé. Au poste de Sidi Djémil il est quatre heures trente, deux pelotons se préparent pour aller faire un coup de main sur la mechta Daria. Un renseignement dit que 8 rebelles ont coutumes d’y passer la nuit.

Pour les hommes c’est une sortie comme une autre, cela fait déjà plusieurs mois que nos Hussards sont rompus à ce gendre d’exercices.

Le jus est prit en silence, les hommes savent qu’il est inutile de faire du bruit pour annoncer aux fellaghas que nous sortons du poste.

La routine est bien installée, pas besoin de rappeler les règles de prudence, chacun connait son boulot.

Le premier peloton prend la tête de la manoeuvre avec le Capitaine de l’escadron son radio, l’interprète, et une protection rapprochée du PHR. (Peloton hors rang)

Le deuxième peloton suit en couverture pour fermer la marche.

La colonne s’avance prudemment sur un sentier muletier qui descend doucement vers la mechta Daria. Il fait sombre, mais cela ne semble pas gêner nos Hussards qui connaissent bien cette piste. L’avance se fait d’un bon train avec souplesse sans le moindre bruit, comme un reptile qui va vers sa proie.

Chacun semble penser silencieusement à divers choses tout en scrutant les moindres buissons suspects, le doigt sur la détente de leur arme prêt à faire feu.

Après une heure de marche la mechta surgit soudain au détour de la piste. La colonne s’arrête. Le Capitaine donne ses ordres à voix basse:

-Pour l’instant nous allons boucler la mechta en silence.

-Le premier peloton, vous serez chargé de fouiller les gourbis et diriger sur moi les hommes pour que je contrôle les cartes d’identités avec le fichier. Avec un groupe vous bouclez l’Oued au Nord ;

-Le deuxième peloton vous allez boucler l’oued Slougui au Sud pour éviter fuyards de rejoindre le Mont Ouara. Car d’une manière ou d’une autre s’il y a fuite ce sera par l’Oued Slougui direction le Djébel...

-Maintenant tout le monde en place en attendant le lever du jour.

Les chefs de groupe donnent les ordres à leurs hommes qui se mettent en place en se glissant accroupis derrière les buissons et rochers ; puis la longue attente commence.

Dans les gourbis, c’est le calme de la nuit, parfois une brebis émet un bêlement sans suite, au loin les chacals aboient de leurs cris lugubre. Certains hussards finissent leur nuit accablés de fatigue antérieure.

Puis le jour se lève enfin rougeoyant à l’horizon ; on distingue à présent ses voisins de bouclage, on se fait un petit signe de la main, l’air de dire nous sommes prêts.

Encore quelques minutes d’attente interminable, et la radio crépite, le Capitaine donne l’ordre de la fouille, il est 6 heures trente.

Dans la demie-pénombre c’est le brouhaha soudain, les poules caquettent en voletant ; les enfants pleurent, les femmes poussent les You ! You ! bien caractéristiques.

Puis un à un les hommes sortent des gourbis, poussés par les militaires.

Les Hussards en bouclage sont sur le qui-vive en position de tir.

Le jour à présent est bien réel, le capitaine à installé son PC au milieu de la petite place de la Mechta et contrôle avec son interprète les fiches d’identités. Cela est long et fastidieux. Ce n’est que de la routine, au bout d’une heure chacun relâche la tension. Cette mission ne semble pas dénotée avec les autres que nos Hussards ont déjà effectués auparavant.

Le chef de groupe le MDL Michel R pense que c’est sûrement sa dernière sortie car bientôt la quille se profile à l’horizon pour lui. Il songe à son mariage et au petit commerce de disques qu’il va bientôt reprendre à Compiègne avec sa future. Il se prend à siffloter joyeusement en devisant avec ses hommes amicalement.

Puis le capitaine l’interpelle :

-MDL Michel vous avez fouillez cette grange là bas ? dit il en désignant un grand gourbi.

-Non Mon capitaine, elle est fermée à clé et personne ne la trouve, il paraît que le propriétaire soit parti en voyage, et qu’il n’y a que du grain dans cette grange!

-Pas d’histoire, cassez la porte s’il le faut, mais fouillez moi cette grange !

Le MDL Michel R. arme son PM et prend deux hommes avec lui. Arrivé devant la porte, il commence à donner des coups de pied pour la défoncer.

A ce moment précis elle s’ouvre toute grande comme mue par un puissant ressort. Une boule de feu en sorte, huit fellaghas faisant feu de toutes leurs armes, giclent de la grange.

Le MDL Michel R. déséquilibré par le battant de la porte qui le heurta en plein visage, tard à utiliser son arme et reçoit une balle de PM Beretta dans le cou, à bout portant.

Ses hommes ouvrent le feu sur les fuyards qui profitant de la surprise sont déjà dans l’Oued.

La fusillade fait rage tout le monde tire en direction de l’Oued. Les rebelles n’avaient que 15 mètres à franchir et en courant cela ne demande pas beaucoup de temps.

Michel R. vacille sur ses jambes, il a lâché son PM ses deux mains à son cou il tente d’arrêter le flot de sang que s’écoule par saccades. Il fait quelques pas et tombe à genoux au pied du Capitaine accouru vers lui. Ce dernier le regarde et dit :

-Mon pauvre vieux, je ne peux rien faire pour toi ! Il sait que cette blessure va lui être fatale, il en avait vu en Indochine de semblables.

Michel R. venait de finir sa vie par ce beau matin du cinq février dans la Mechta Daria.

La radio annonça la triste nouvelle aux groupes en bouclage ; ce fut la consternation parmi les Hussards.

Cela eu un effet inattendu sur l’ensemble du dispositif, le 1ier peloton se lança à l’assaut des felles en tirants et hurlants dans l’Oued.

Cet Oued à demi asséché, couvert d’arbuste et de gros rochers, en faisait un lieu de combat inextricable obligeant le Corps à corps.

Les hommes en bouclage entendaient le bruit infernal des combats, les coups secs des fusils, les crépitements des PM qui tiraient de longues rafales entrecoupées de silences inquiétants.

Puis de nouveau des coups de feu nourris et des cris d’agonie. Soudain un silence inquiétant, puis on entendit un Hussard dire :

-Ne Tire pas fellaga ! Et une voix de répondre :

-Si Je tire !

Et, les claquements secs d’un fusil accompagné d’une longue rafale de PM. Suivi d’un nouveau long silence. Puis des cris de joie :

-Je l’ai eu ! Je l’ai eu !

Le combat avait cessé aussi vite qu’il avait commencé. Un à un les Hussards sortirent de l’oued l’un poussant devant eux un prisonnier.

Malgré la mort de notre ami le MDL Michel R. Les Hussards affichaient des visages radieux, car dans ce combat ils venaient de tuer 7 felles fortement armés et aguerries.

Je pense que ce fut un fait d’arme exemplaire des hommes du contingent qui eurent dans cette action la détermination et le courage de vaincre un ennemi pourtant connaisseur du terrain et fortement armé.

Ce jour là j’étais en bouclage de l’oued et j’ai entendu et vu le déroulement de toute l’opération à un maximum de 50 mètres.

Les images et les sons sont toujours bien présents dans ma mémoire. Je revois le corps de notre ami Michel R. hissé sur une mule réquisitionnée dans la mechta.

Puis les 7 corps des fellaghas alignés prés du mat des couleurs à la sortie du PA N° 1 de Sidi Djémil. Ils étaient d’âges différents de 45 à 19 ans. Un manchot au pull bleu ciel figurait dans les 7 tués rebelles, c’était lui avec sa Beretta qui avait tué notre ami le MDL Michel R. Ce manchot de la main gauche était le chef politique de la région, ancien chauffeur de bus, il connaissait beaucoup de monde et nous le recherchions depuis pas mal de temps.

Il tirait avec son PM Beretta en posant sur son moignon le canon de son arme, c’était un redoutable fellagha qui avait pas mal de meurtres à son actif en plus du recrutement et la collecte de fonds dont il faisait son quotidien.

Ce jour du 5 février 1958, huit hommes avaient cessés de vivre dans cette guerre d’Algérie.

(Francis Mauro)

Fait d’arme. Du 4ième Régiment de Hussards.

 

Le 5 février 1958 mechta Daria Douar Talha, Oued  Slougui.

4ième Régiment de Hussards 1ier Escadron (Capitaine Godard) 1ier et 2ième peloton..

 

Ce jour allait être le dernier pour 8 hommes.

 

La  nuit était douce pour un début de février, pas de vent, un beau ciel étoilé. Au poste de Sidi Djémil il est quatre heures trente, deux pelotons se préparent pour aller faire un coup de main sur la mechta Daria. Un renseignement dit que 8 rebelles ont coutumes d’y passer la nuit.

Pour les hommes c’est une sortie comme une autre, cela fait déjà plusieurs mois que nos Hussards sont rompus à ce gendre d’exercice.

Le jus est prit en silence, les hommes savent qu’il est inutile de faire du bruit pour annoncer au felles que nous sortons du poste.

La routine est bien installée, pas besoin de rappeler les règles de prudence, chacun connait son boulot.

Le premier peloton prend la tête de la manœuvre avec le Capitaine de l’escadron son radio et l’interprète et une protection rapprochée du PHR.

Le deuxième peloton suit en couverture pour fermer la marche.

La colonne s’avance prudemment sur un sentier muletier qui descend doucement vers la mechta Daria. Il fait sombre, mais cela ne semble pas gêner nos Hussards qui connaissent bien cette piste. L’avance se fait d’un bon pas avec souplesse sans le moindre bruit, comme un reptile qui avance vers sa proie.

Chacun semble penser silencieusement à divers choses tout en scrutant les moindres buissons suspects, le doigt sur la détente de leur arme prêt à faire feu.

Après une heure de marche la mechta surgit soudain au détour de la piste. La colonne s’arrête. Le Capitaine donne ses ordres à voix basse:

            -Pour l’instant nous allons boucler la mechta en silence.

-Le premier peloton, vous serez chargé de fouiller les gourbis et diriger sur moi les hommes pour que je contrôle les cartes d’identités avec le fichier. Avec un groupe vous bouclez l’Oued au Nord ;

            -Le deuxième peloton vous allez boucler l’oued Slougui au Sud pour éviter aux fuyards de rejoindre le Mont Ouara. Car d’une manière ou d’une autre s’il y a fuite ce sera par l’Oued Slougui direction le Djébel...

            -Maintenant tout le monde en place en attendant le lever du jour.

 

Les chefs de groupe donnent les ordres à leurs hommes qui se mettent en place en se glissant accroupis derrière les buissons et rochers ; puis la longue attente commence.

Dans les gourbis, c’est le calme de la nuit, parfois une brebis émet un bêlement sans suite, au loin les chacals aboient de leurs cris lugubre.  Certains hussards finissent leur nuit accablés de fatigue antérieure.

Puis le jour se lève enfin rougeoyant à l’horizon ; on distingue à présent ses voisins de bouclage, on se fait un petit signe de la main, l’air de dire, nous sommes prêts.

Encore quelques minutes d’attente interminable, et la radio crépite, le Capitaine donne l’ordre de la fouille, il est 6 heures trente.

Dans la demie-pénombre c’est le brouhaha soudain, les poules caquettent en voletant ; les enfants pleurent, les femmes poussent les You ! You ! bien caractéristiques.

Puis un à un les hommes sortent des gourbis, poussés par les Hussards.

Les Hussards en bouclage sont sur le qui-vive en position de tir.

Le jour à présent est bien présent, le capitaine à installé son PC au milieu de la petite place de la Mechta et contrôle avec son interprète les fiches d’identités.  Cela est long et fastidieux. Ce n’est que de la routine, au bout d’une heure chacun relâche la tension. Cette mission ne semble pas dénoter  avec les autres que nos Hussards ont déjà effectués auparavant.

Le chef de groupe le MDL Michel Robert pense que c’est sûrement sa dernière sortie car bientôt la quille se profile à l’horizon pour lui. Il songe à son mariage et au petit commerce de disques qu’il va bientôt reprendre à Compiègne avec sa future. Il se prend à siffloter joyeusement en devisant avec ses hommes amicalement.

Puis le capitaine l’interpelle :

            -MDL Michel vous avez fouillez cette grange là bas ? dit il en désignant un grand gourbi.

            -Non Mon capitaine, elle est fermée à clé et personne ne la trouve, il paraît que le propriétaire est parti en voyage, et qu’il n’y a que du grain dans cette grange!

            -Pas d’histoire cassez la porte s’il le faut, mais fouillez moi cette grange !

Le MDL Michel Robert arme son PM et prend deux hommes avec lui. Arrivé devant la porte, il commence à donner des coups de pied pour la défoncer.

A ce moment précis elle s’ouvre toute grande comme mue par un puissant ressort. Une boule de feu en sorte, huit felles faisant feu de toutes leurs armes, giclent de la grange.

 Le MDL Michel Robert déséquilibré par le battant de la porte qui le heurta en plein visage, tard à utiliser son arme et reçoit une balle de PM Beretta dans le cou, à bout portant.

Ses hommes ouvrent le feu sur les fuyards qui profitant de la surprise sont déjà dans l’Oued.

La fusillade fait rage tout le monde tire en direction de l’Oued. Les rebelles n’avaient que 15 mètres à franchir et en courant cela ne demande pas beaucoup de temps.

Michel Robert vacille sur ses jambes, il a lâché son PM, de ses deux mains à son cou il tente d’arrêter le flot de sang que s’écoule par saccades. Il fait quelques pas et tombe à genoux au pied du Capitaine accouru vers lui. Ce dernier le regarde et dit :

            -Mon pauvre vieux, je ne peux rien faire pour toi ! Il sait que cette blessure va lui être fatale, il en avait vu en Indochine de semblables.

Michel Robert venait de finir sa vie par ce beau matin du cinq février dans la Mechta Daria.

La radio annonça la triste nouvelle aux groupes en bouclage ; ce fut la consternation parmi les Hussards.

Cela eu un effet inattendu sur l’ensemble du dispositif, le 1ier peloton se lança à l’assaut des felles en tirants et hurlants dans l’Oued.

Cet Oued à demi asséché, couvert d’arbuste et de gros rochers, en faisait un lieu de combat inextricable obligeant le Corps à corps.

Les hommes en bouclage entendaient le bruit infernal des combats, les coups secs des fusils, les crépitements des PM qui tiraient de longues rafales entrecoupées de silences inquiétants. Puis de nouveau des coups de feu nourris et des cris d’agonie. Soudain un silence inquiétant, puis on entendit un Hussard dire :

            Ne - Tire pas fellaga ! Et une voix de répondre :

            -Si Je tire !

Et, les claquements secs d’un fusil accompagné d’une longue rafale de PM.  Suivi d’un nouveau long silence. Puis  des cris de joie :

            -Je l’ai eu ! Je l’ai eu ce salaud !

Le combat avait cessé aussi vite qu’il avait commencé un à un les Hussards sortirent de l’oued en poussant devant eux un prisonnier. Malgré la mort de notre ami le MDL Michel Robert. Les Hussards affichaient des visages radieux, car dans ce combat ils venaient de tuer 7 felles fortement armés et aguerries.

Je pense que ce fut un fait d’arme exemplaire des hommes du contingent qui eurent dans cette action la détermination et le courage de vaincre un ennemi pourtant connaisseur du terrain et fortement armé.

Ce jour là j’étais en bouclage de l’oued et j’ai entendu et vu le déroulement de toute l’opération à un maximum de 50 mètres.

Les images et les sons sont toujours bien présents dans ma mémoire. Je revois le corps de notre ami Michel Robert hissé sur une mule réquisitionnée dans la mechta. Puis les 7 corps des felles alignés prés du mat des couleurs  à la sortie du PA N° 1 de Sidi Djémil. Ils étaient d’âges différents de 45 à 19 ans. Un manchot au pull bleu ciel figurait dans les 7 tués rebelles, c’était lui avec sa Beretta qui avait tué notre ami le MDL. Ce manchot de la main gauche était la chef politique de la région, ancien chauffeur de bus, il connaissait beaucoup de monde et nous le recherchions depuis pas mal de temps. Il tirait aves son PM Beretta en posant sur son moignon le canon de son arme, c’était un redoutable felle qui avait pas mal de meurtres à son actif en plus du recrutement et la collecte de fonds dont il faisait son quotidien.  

Ce jour du 5 février 1958 8 hommes avaient cessés de vivre dans cette guerre d’Algérie.

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