Toujours à propos du 5 decembre.

Publié le par francis.mauro

~~Le souvenir Français rend hommage à un Roquevairois.

mort pour la France en Algérie.

L’Aspirant Médecin Coulomb est mort le 6 février 1961 à 28 ans victime de la trahison de personnels du poste de la SAS(section administrative spécialisée) dans laquelle il servait depuis huit mois. Triste destin que celui de ce jeune homme de 28 ans issue d’une famille de notables (son père était notaire) installé à Roquevaire .

Né le18 Décembre 1932,troisième du nom, son frère ainé Jacques décédé le 14 janvier 2011 fut notaire à Roquevaire ,son épouse madame Josette Coulomb réside toujours ici .

Le second Pierre fut médecin décédé en 1998, une rue de la ville porte son nom.

Après des études primaires à Roquevaire et à Lascours, Jean Coulomb poursuit ses études secondaires chez les Jésuites puis ses études à la faculté de médecine du Pharo à Marseille .

Passionné de foot , et membre de l’entente Aubagnaise il remporte avec son équipe la palme au championnat de France universitaire au stade Charletty à Paris en 1958. Cette même année , ses études terminées il est nommé externe à l’hopital Saint Joseph de Marseille , il se marie ,le ménage s’installe à Aubagne.

L’ année 59 sera la seule année en couple du jeune ménage ,de cette union naîtra une petite fille Catherine le 9 Novembre 1959.Elle réside aujourd’hui à Marseille.

Le trois janvier 1960 Jean coulomb est appelé sous les drapeaux : Formation à l’école Militaire de santé de LYON il en sort médecin aspirant et est envoyé en Algérie le 16 avril 1960 Puis affecté à la SAS d’Ouled Naceur(Est Constantinois) le 7 mai 1960. Médecin militaire chargé de l’Assistance Médicale Gratuite d’un vaste secteur au sud est de Constantine, c’est dans cette belle région sauvage des hauts plateaux de la Numidie , région de culture céréalière et d’oleïculture, considérée comme grenier à blé dès l’époque romaine, il va arpenter durant des mois villages et douars à la rencontre de la population . Homme d’action , il participera aussi aux diverses actions de son unité mais saura se réserver des moments de détente pratiquant chasse et équitation.

Sa première permission intervint en décembre 1960 date à laquelle il rejoint sa famille en Métropole. Cette période Décembre 1960 début 1961 est une période trouble en Algérie , les orientations gouvernementales sur l’avenir de l’Algérie sèment le trouble dans les deux communautés, l’armée s’interroge aussi ,le putch des généraux interviendra le 22 Avril1961.

A son retour de permission l’Aspirant Médecin perçoit le changement dans l’attitude de la population musulmane et s’en inquiète, il fait part de ce sentiment dans des lettres adressées à sa famille. Il n’en continuera pas moins sa mission avec l’abnégation qui le caractérisait.

Je dis cela parce qu’une mutation hors de cette zone lui avait été proposée , de même que victime d’un accident au cours de son séjour en famille, il aurait pu obtenir une prolongation de permission, mais ce n’était sa philosophie, c’est ainsi qu’il rejoignit son poste allant ainsi vers l’accomplissement de son destin.

Son dévouement pour les populations rurales des hauts plateaux est sans borne, il accomplit ainsi sa mission jusqu’au terme de sa vie puisque la nuit même de sa mort, il se rend dans le douar voisin pour procéder à un accouchement.

Rentré très tard au poste vers 23 heures , allongé sur son lit il se détend et consacre ce temps libre à préparer sa thèse alors que les membres de la SAS dorment à l’exception du poste de garde. Malheureusement parmi les moghaznis de garde (appellation officielle des personnels recrutés dans les SAS) il y a deux félons qui font entrer un groupe de Fellaghas chargés d’attaquer le poste.

Entendant des bruits anormaux et alors qu’il est encore éveillé, l’aspirant prend son arme et se dirige vers le poste de garde .Constatant que les portes du poste sont largement ouvertes et observant des mouvements anormaux il tente de se replier, c’est alors qu’il est lâchement abattu par un tir dans le dos, le 6 Février 1961 à 23H50

L’alerte est aussitôt donnée, le groupe de rebelles s’enfuit avec les deux traîtres renonçant à mettre à exécution leur sinistre dessein qui était de tuer tout le monde. L’action de l’aspirant médecin a été héroïque , par son attitude il a permis aux personnels du poste d’échapper à une mort certaine ,si le poste avait été totalement investi .

Cette action lui valut d’être cité à l’ordre de l’armée avec attribution de la croix de la valeur militaire et de la médaille militaire. Il laissa derrière lui une jeune femme veuve et une petite fille de deux ans entourées certes par une famille soudée, désespérée et dont le chef de famille écrivit un magnifique opuscule »intitulé toubib du djebel » pour perpétuer la mémoire ce fils perdu mais mort au champ d’honneur en soldat.

Honneur à cet homme de Roquevaire victime de son double serment , celui de médecin et celui de soldat

A.LEROY LE SOUVENIR FRANCAIS

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