Noël 1956 en Algérie.

Publié le par francis.mauro

~~Noël en Algérie 1956.

(Comme le dit si bien notre ami Victor S. le but de ce blog est avant tout de réunir des souvenirs et des amitiés de nos 20 ans de là bas).

Ce fut un Noël que je n'oublierais jamais de ma vie, il allait simplement la conditionner pour le reste de celle-ci. Il y avait jour pour jour exactement trois mois que nous étions arrivé en Algérie. Après deux mois passés au Bordj Merzouga, nous voici à Sidi Gouléa sur un piton isolé et venté à souhait en pleins solitude des djebels à 15 km à l'EST de Penthièvre relié par une piste de montagne...

Le décor et bien triste avec de rares touffes de lentisques et de bruyères sauvages au loin de petites mechtas isolées avec de maigres pâturages. .

Nos logements étaient des plus précaires dans des casemates creusées dans le sol recouvert de tôles.

Bref, éclairage à la bougie et lampe à pétrole, l'humidité ambiante et la puanteur n'incitaient pas à la sérénité. Je partageais cette chambrée avec deux camardes de mon département, l'un radio et l'autre cuistot. Eux plus âgés que moi, qui venais tout juste d'avoir mes 19 ans et mes galons de brigadier-chef.

Les jeunes de cette époque n'étaient pas" émancipés" comme ceux d'aujourd'hui, et moi en particulier. De ma vie je n'avais encore jamais connu l'ivresse de l'alcool.

Mes amis (si on peut dire ce jour là) avaient décidé de me foutre une cuite, pour fêter Noël et mes galons tout neufs de bricard-chef .

Ce qui fut dit fut fait, je me retrouvais bien vite dans un état lamentable qui fut la risée des 80 hommes du poste de ce piton isolé.

Alors là ce fut pour moi la première cuite et la dernière, car la honte de mon état devant les hommes que je devais commander me" vaccina" pour le reste de mon séjour et de ma vie en générale, quel exemple je donnais ?

J'ai eu depuis ce jour les yeux grands ouvert sur l'humiliation de figurer en état d'ivresse devant les autres.

Et ceux qui me connaissent bien peuvent en témoigner que jamais ils ne m'ont vu ivre depuis ce Noël 1956.

Comme quoi ce fut un petit miracle de Noël personnel qui me fit avancer bien droit dans ma vie jusqu'a ce jour. (Qu'est ce qu'on peut être con et dangereux quand on a trop bu) Alors bonne fête de Noël mais buvez avec modération. Votre Webmaster bien dévoué et bien lucide.

Saxe Conflans, bannière au vent ! Joyeux Noël !

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