parlons un peu pendant que nous le pouvons !

Publié le par francis.mauro

Sidi Djémil 1958.

Sidi Djémil 1958.

Il ne faut pas avoir peur de parler.

À présent que nous sommes tous des personnes âgées, je veux parler de ceux qui furent mêlés à cette tragédie de guerre d’Algérie.

Il est grand temps de faire le point ; sans avoir peur de dire ce que nous pensons.

L’Algérie est un territoire quatre fois et demi la France. Les trois armes, terre, air, mer y ont participé .

Plus de deux millions sept cents mille hommes y ont séjourné entre 1954 et 1962…

Cela dit, il est de toutes évidences que tous les séjours ne furent pas identiques pour chaque homme de par les unités, les lieux, le terrain, les missions et l’année du séjour.

Personne ne peut avoir les mêmes sentiments selon qu’il fut plus ou moins impliqué dans cette guerre et dans sa région de stationnement…

Les premières années, 1954 à 1956 ce furent les installations des postes pour occuper le terrain, puis un commencement de pacification avec des accrochages sporadiques faisant des victimes de chaque côté.

les années suivantes1956 à1959 et ce furent des escarmouches, et embuscades allant crescendo pour devenir de vrais combats mobilisant plus de 500 000 hommes des forces françaises...

De 1959 1962 la guerre des frontières allait terminer ce conflit qui semblait s’enliser bien que sur le terrain en Algérie l’ALN n’était plus libre de ses mouvements par le quadrillage des forces françaises. Et les barrages bouclant les frontières du Maroc et de la Tunisie où s’était installé le gros des troupes de l’ALN.

Ne nous étonnons pas si les récits divergent et parfois s’opposent. Si comme aujourd’hui il y avait eu le téléphone portable pour prendre des vidéos et les médias avec les moyens modernes de communications, je pense que nous aurions eu des images horribles, des deux camps. Ce que nous voyons aujourd’hui en est une preuve vivante. Combien de militaires et civils furent égorgés et mutilés, par des bourreaux sanguinaires.

Et en parallèle du côté des forces françaises les exécutions sommaires, les bombardements au napalm, les tortures ; auraient rempli les écrans des TV du monde entier. La guerre aurait duré moins longtemps, car à cette époque les grandes puissances étrangères ne voyaient pas cette guerre d’un bon œil le moins que l’on peut dire.

Maintenant, il ne nous reste plus qu’à oublier, pour ceux qui ont eu à souffrir de mauvais moments... d’autres ont eu des moments enrichissants à tout point de vue, soit qu’ils fussent dans les services santé ou dans l’enseignement.

Tout le monde ne fut pas dans des unités combattantes. Ce qu’il faut retenir c’est que cette diversité dans les secteurs et dans les époques, nous obligent à penser différemment sur cette guerre, soit que nous ayons une mauvaise opinion des Algériens soit nous les comprenons allant même jusqu’à leur rendre hommage de par le courage d’affronter presque à mains nues toute une armée pour finalement obtenir par leur lutte l’indépendance.

Cela laissa un goût amer à la majorité des métropolitains impliqués dans ce combat gagné sur le terrain au prix du sacrifice de 30 000 hommes, pour perdre cette guerre sur le tapis vert des politiques qui ont bâclé cette fin sans prendre toutes les précautions nécessaires du bon déroulement de cette décolonisation…

Ce fut et cela restera quoique l’on dise un énorme gâchis pour tout le monde.

Comme disait un grand homme dont j’ai oublié le nom.

« Tant qu’il y aura des hommes, il y aura des guerres».

Le webmaster :FM

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